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Sept années de lutte
Index de l'article
Sept années de lutte
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Janvier 2000

Première phase

Avant la création de l'association, le CAF pense imposer des choix après une parodie de consultation 

« Le Refuge de l’Aigle demain », titre un article de « La Montagne et Alpinisme », n°4, 2000, revue de la Fédération des Clubs Alpins Français. L’article fait deux constats apparemment indiscutables, mais dont on verra par la suite qu’ils n’ont strictement aucune importance pour le CAF : la valeur patrimoniale du refuge dans son site (« l’ancienneté, la situation, la petite taille du refuge…tout vous plonge dans un autre univers »), l’impossibilité de l’extraire de son site pour le conserver (« le transporter en d’autres lieux et en faire un musée, non, ce serait un déracinement coupable »).

L’article pose cependant « l’obligation de construire un autre refuge, c’est indéniable », et propose une consultation, mais sur l’unique question de savoir où le construire, et avec seulement trois réponses possibles (cf. ci-dessous carte p. 15), et assez peu différentes dans le fond : soit, le modèle même d’un choix bidon !

Année 2001

Le Bulletin n° 49, 2ième trimestre de Mountain Wilderness France, –ci-dessous MW- s’insurge contre « le projet de construction d’un nouveau refuge à côté de l’actuel refuge de l’Aigle… Les hauts lieux de mémoire de l’alpinisme doivent rester tels qu’en eux-mêmes,…hors de l’emprise uniformisatrice de la consommation… Les modifier, les agrandir, les défigurer…serait un acte inqualifiable ».


Le n° suivant du même Bulletin (3ième trimestre) rappelle d’une part les principes fondateurs de MW –les « thèses de Biella », 1987 : ces principes invalident à l’avance tout projet de construction/reconstruction sur le site de l’Aigle ; il rappelle d’autre part « la Charte pour l’an 2000 », élaborée avec plusieurs organismes à la suite des premières journées européennes de la montagne à Autrans en 1998 : cette Charte précise dans son article 4 qu’à propos de « modernisation des refuges et refuges-bivouacs existants », il faut s’opposer à « l’évolution vers l’hôtellerie d’altitude, et …encourager toute mesure - y compris de déséquipement -(c’est nous qui soulignons) permettant de maîtriser la fréquentation… ».

Le CAF rend compte dans le n°3 de sa revue de cette année-là des résultats de la consultation proposée en 2000 : 47 lecteurs seulement - dans une Fédération qui compte plusieurs dizaines de milliers de membres ! - ont répondu à l’enquête, ce qui n’empêche pas le CAF de souligner à deux reprises dans l’article que « l’enquête (une large consultation des montagnards -sic !- ) a suscité un intérêt certain », premier exemple d’une longue série d’autres dans l’art de déformer tranquillement la réalité.

Ces réponses sont commentées, et l’article ne peut faire moins que d’en citer quelques-unes, même si elles s’inscrivent en faux contre tout projet de construction ! Ainsi ce lecteur qui exprime son « attachement presque viscéral pour l’humble construction » ou bien cet autre, qui estime que l’Aigle « est un des rares refuges qui aient encore résisté aux aseptiques (sic) des nouvelles normes », et conclut : « laissons la vétusté vivre en paix à 3441m ! ».

Qu’importent au CAF ces mises en garde ! « Ce résultat (les 47 réponses), écrit la revue, permettra d’œuvrer en connaissance de cause » c’est-à-dire « de s’orienter définitivement vers une construction neuve attenante à l’ancienne » (il faut noter à ce propos le total impressionnant de 18 réponses en faveur de cette solution , et la préférence avouée des deux gardiens du moment, qui écartent les deux autres emplacements, pourtant proposés aux lecteurs - écrivait le CAF en 2000 -, après « un examen approfondi » - on fera ci-dessous allusion à la « profondeur » de cet examen ! Car l’article a rappelé - décrété plutôt ! - au préalable, la nécessité d’ « une extension et de modifications considérables » du refuge, et informé ses lecteurs que « le bâtiment est inscrit dans le programme de travaux 2000-2006 de rénovation de 58 refuges du Club ». Posons d’emblée la question : quelle est la valeur de principe d’une telle consultation si la décision de fond –rénover le refuge - est déjà prise ?

Année 2002 

21 septembre 2002 : Jean Berriot, membre de la Commission des refuges du CAF de Briançon, lance un appel au CAF, au Parc National des Ecrins – ci-dessous PNE -, à MW, à la Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature (ci-dessous FRAPNA), et à diverses personnalités : ce « Plaidoyer pour la conservation et l’utilisation in situ du refuge de l’Aigle » dénonce le risque de destruction délibérée du refuge. J. Berriot ne reçoit aucune réponse, si ce n’est, sorte de réponse après tout, son exclusion de la Commission des refuges !

Année 2003

Le bulletin n° 56 de MW (1er trimestre) souligne qu’ « il n’y a pas eu de véritable débat à propos du refuge de l’Aigle », et propose la constitution d’un groupe de travail sur la question.

Mais le 3 septembre, le CAF, la commune de La Grave, le Conseil Général des Hautes Alpes (ci-dessous CG-HA) et le PNE entérinent un projet de nouveau refuge, d’une capacité de 30 places et d’un poids total de 55 tonnes, et sur l’emplacement de l’ancien. L’ancien refuge serait, au mieux, descendu à La Grave, ou détruit… Aucun sondage sérieux du sol n’a pourtant été encore effectué, le financement estimé des opérations (entre 0,6 et 1 million d’euros) est encore à répartir, mais l’objectif est néanmoins de terminer l’affaire en 2005 !



 
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